Artisans

Délais de paiement, pénalités et indemnité de 40 € : se faire payer

Mis à jour le 8 octobre 2026 · Lecture : 5 min

Un chantier terminé mais non payé coûte deux fois : la trésorerie manque et le temps passé à relancer n'est pas facturé. La loi vous donne des outils, à condition de les avoir prévus dans vos documents et de les utiliser sans attendre.

En bref

Les délais légaux entre professionnels

Quand votre client est une entreprise (donneur d'ordre, entrepreneur principal, promoteur, syndic agissant pour la copropriété selon les cas), le Code de commerce encadre les délais. À défaut de clause, le paiement est dû 30 jours après l'exécution de la prestation. Les parties peuvent convenir d'un délai plus long, dans la limite de 60 jours à compter de la date de facture, ou de 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit expressément. Au-delà, la clause est illicite et l'entreprise cliente s'expose à une amende administrative.

Ces délais s'appliquent à chaque facture, acompte et situation compris. Une facture de situation émise le 5 du mois avec un délai de 30 jours est due le 5 du mois suivant, pas « à la fin du chantier ».

Pénalités de retard et indemnité de 40 €

SanctionRègleOù la mentionner
Pénalités de retardTaux fixé dans vos conditions, qui ne peut être inférieur à trois fois le taux de l'intérêt légal ; à défaut de mention, le taux applicable est celui de la Banque centrale européenne majoré de dix points. Elles courent dès le lendemain de l'échéance, sans mise en demeure.Conditions générales de vente, devis, factures (mention obligatoire).
Indemnité forfaitaire de recouvrement40 € par facture en retard (article D441-5 du Code de commerce), due de plein droit entre professionnels. Si vos frais de recouvrement réels sont supérieurs, vous pouvez réclamer un complément sur justificatif.Conditions générales de vente, factures (mention obligatoire).

En pratique, peu d'artisans réclament ces sommes, par crainte d'abîmer la relation. Elles restent un levier : les mentionner sur la facture, puis les rappeler dans la relance, incite au paiement et montre que vous connaissez vos droits.

Le cas du client particulier

Les règles du Code de commerce ne s'appliquent pas aux consommateurs. Avec un particulier, tout repose sur le devis signé : date d'exigibilité (à réception de facture, sous huit jours, etc.), échéancier, acompte, et clause de pénalités si vous en souhaitez une. Sans clause, vous pouvez réclamer des intérêts au taux légal après mise en demeure, ce qui est peu dissuasif. Prévoyez donc des conditions de paiement claires dans vos devis, et rappelez-les au moment de la facture de solde.

Attention toutefois aux règles protectrices du consommateur : les clauses abusives sont réputées non écrites, et un client démarché à domicile ne peut rien verser pendant les sept premiers jours.

Relancer et recouvrer, étape par étape

  1. Avant l'échéance : un message courtois rappelant la date de paiement, surtout pour une première collaboration. Beaucoup de retards sont de simples oublis.
  2. J+3 à J+7 : première relance par courriel ou téléphone, en joignant la facture. Notez la réponse obtenue.
  3. J+15 : relance écrite plus ferme, rappelant les pénalités de retard et l'indemnité de 40 € qui courent.
  4. J+30 : mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, fixant un dernier délai (huit à quinze jours). Elle est indispensable avant toute action en justice et fait courir les intérêts avec un client particulier.
  5. Sans réponse : plusieurs voies s'offrent à vous. La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances, menée par un commissaire de justice, concerne les créances d'un montant limité (quelques milliers d'euros ; le seuil exact est fixé par décret). L'injonction de payer, demandée au tribunal compétent, est rapide et peu coûteuse lorsque la créance est incontestable. Le référé-provision permet d'obtenir une provision quand la dette n'est pas sérieusement contestable. Pour un litige de fond, l'assignation reste possible.
  6. Sous-traitant impayé : pensez à l'action directe contre le maître d'ouvrage, ouverte par la loi de 1975 après mise en demeure infructueuse de l'entrepreneur principal.

Prévenir plutôt que recouvrer

Si le client conteste la qualité des travaux pour justifier le non-paiement, répondez sur le fond, par écrit, avec le PV de réception et les photos : la contestation tardive de travaux réceptionnés sans réserve est fragile. S'il invoque des difficultés financières, un échéancier écrit, signé, vaut mieux qu'une procédure longue contre un débiteur insolvable.

À retenir

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Ces informations sont générales et à jour au 8 octobre 2026. Elles ne remplacent ni un conseil juridique ou comptable, ni la lecture des textes officiels, qui évoluent : vérifiez toujours sur service-public.fr, legifrance.gouv.fr ou auprès d'un professionnel du droit ou du chiffre. Les prix cités sont des fourchettes indicatives, variables selon la région, l'accès au chantier, les matériaux et la période.