Une entreprise du bâtiment reçoit chaque semaine des appels, des courriels et des demandes de devis. La plupart sont sérieux ; quelques-uns sont conçus pour vous soutirer de l'argent, du matériel ou des données. Voici les montages les plus répandus et comment les déjouer.
Un client, joignable seulement par courriel ou messagerie, accepte votre devis sans discuter. Il envoie un chèque ou un virement supérieur à l'acompte convenu, invoque une erreur et vous demande de rembourser vite la différence, parfois à un tiers « qui livrera les matériaux ».
Le piège repose sur un décalage de temps : un chèque crédité peut être rejeté plusieurs jours plus tard (volé, falsifié, sans provision) ; un virement peut provenir d'un compte piraté. Vous aurez remboursé de l'argent réel contre un paiement fictif. Les règles :
Un démarcheur vous appelle pour « mettre à jour votre fiche » dans un annuaire professionnel ou confirmer une « inscription gratuite ». Quelques semaines plus tard arrive une facture de plusieurs centaines d'euros, puis des relances agressives. L'accord oral enregistré ou le formulaire signé à la hâte sert de prétendue preuve de commande.
La règle : ne confirmez aucune coordonnée, ne signez aucun bon de « mise à jour » et ne donnez jamais votre accord oral à un inconnu qui appelle. Si une facture arrive, répondez par écrit que vous contestez toute commande et conservez les échanges. Un professionnel de cinq salariés au plus, démarché pour une prestation étrangère à son métier, bénéficie sous conditions des protections du Code de la consommation (dont le délai de rétractation) ; renseignez-vous sur ce point avant de payer quoi que ce soit. Votre vitrine sur Mes Travaux Faciles, comme votre fiche sur les grands moteurs de recherche, ne vous est jamais facturée : méfiez-vous de quiconque prétend la « réactiver » contre paiement.
L'hameçonnage consiste à vous faire cliquer sur un lien qui imite un site officiel pour récupérer vos identifiants ou vous faire payer une somme. Les messages jouent sur la peur : « attestation de vigilance suspendue », « régularisation de TVA sous 48 h », « carte bancaire bloquée », « remboursement de crédit d'impôt à réclamer ».
| Signal | Ce qu'il révèle |
|---|---|
| Lien vers un site dont l'adresse ne se termine pas exactement par le nom officiel (urssaf.fr, impots.gouv.fr, nom de votre banque) | Site imitation. Les organismes officiels vous invitent à vous connecter à votre espace habituel, jamais via un lien à usage unique. |
| Demande de paiement par carte, virement vers un IBAN inconnu ou carte prépayée | Les cotisations et impôts se règlent depuis votre espace personnel, par les moyens habituels. |
| Pièce jointe à ouvrir « pour consulter votre dossier » | Risque de logiciel malveillant ou de rançongiciel. |
| Appel d'un « conseiller bancaire » qui vous demande de valider une opération ou de lire un code reçu par SMS | Usurpation. Un conseiller n'a jamais besoin de vos codes. |
Le réflexe : ne cliquez pas, ouvrez vous-même votre espace sur le site officiel et vérifiez s'il y a un message. Si vous avez saisi des identifiants, changez-les immédiatement et prévenez votre banque.
Un site ou un démarcheur propose des matériaux à prix très bas, livrables rapidement, contre paiement intégral par virement. La marchandise n'arrive jamais. Avant de commander à un nouveau fournisseur : vérifiez son SIRET, cherchez des avis en dehors de son propre site, préférez un premier achat modeste et un paiement à la livraison ou par un moyen qui permet une contestation.
Un courriel au nom de votre fournisseur habituel annonce un « changement de coordonnées bancaires ». Tout changement d'IBAN se vérifie par téléphone, au numéro que vous avez déjà.
Une entreprise cliente commande une fourniture ou une prestation urgente, puis cesse de répondre une fois la livraison faite. L'adresse de livraison n'est pas celle du siège, l'entreprise vient d'être créée, le « gérant » n'est joignable que sur un portable. Avant toute livraison à un nouveau client professionnel : extrait d'immatriculation récent, acompte versé depuis un compte au nom de l'entreprise, livraison uniquement à l'adresse du registre ou validée par écrit.
Sur les sites d'annonces, un « acheteur » de votre outillage vous fixe rendez-vous dans un lieu isolé, ou un « vendeur » encaisse un acompte pour un matériel qui n'existe pas. Sur chantier, des visiteurs se présentant comme un autre corps d'état ou un livreur repartent avec vos machines. Les parades : camion fermé et vidé le soir, matériel marqué et photographié avec numéros de série, et vérification de l'identité de quiconque vient « récupérer » quelque chose de votre part.
Un appel ou un SMS propose une formation entièrement prise en charge, en invoquant vos droits à la formation. En réalité, la formation est fantôme ou médiocre, et vous avez signé un engagement ou communiqué vos identifiants. Le démarchage commercial pour le compte personnel de formation est interdit par la loi : tout appel non sollicité à ce sujet est illégal. Pour vous former, passez par votre opérateur de compétences ou votre organisation professionnelle, et consultez votre compte uniquement sur le site officiel.
Mes Travaux Faciles est gratuit pour les artisans : relevé de chantier, devis pré-rempli, factures, suivi, PV de réception, vitrine référencée sur Google et clients près de chez vous.
Créer mon profil pro gratuit →Ces informations sont générales et à jour au 8 octobre 2026. Elles ne remplacent ni un conseil juridique ou comptable, ni la lecture des textes officiels, qui évoluent : vérifiez toujours sur service-public.fr, legifrance.gouv.fr ou auprès d'un professionnel du droit ou du chiffre. Les prix cités sont des fourchettes indicatives, variables selon la région, l'accès au chantier, les matériaux et la période.